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Messan - 17/03/2023 - 0 Comment(s)

ENA / L'éxpérience endogène au premier plan de la formation d'une élite

Ecole Nationale d’Administration

A l’heure où la quête d’une action publique plus efficace préoccupe le gouvernement avec le souhait que les administrateurs de l’Etat soient plus proches du terrain, la réforme de l’Ecole d’administration nationale (ENA) engagé depuis quelques années mérite d’être portée au pinacle. Non pas parce qu’elle constituerait l’alpha et l’oméga de l’action publique mais simplement parce qu’il ne saurait y avoir une véritable réforme de l’Etat sans celle du creuset de la haute fonction publique togolaise que représente l’ENA.

Fort heureusement, l’ENA poursuit sa trajectoire de modernisation amorcée depuis octobre 2020 avec la nomination, à sa tête, du Professeur Adama Kpodar. D’un esprit vif et discret, ce professeur de droit public sait penser en homme d’action et agir en homme de pensée, si bien qu’il amorce avec célérité une réforme en profondeur de l’institution publique, en optant au prime abord pour un changement de paradigme et un cadre budgétaire sérieux et crédible, au service de la transformation. S’il parvient bon an, mal an à donner une nouvelle physionomie à la plus grande école de l’administration, il sait bien qu’il doit encore la positionner comme un pôle d’excellence en misant notamment sur le contenu de la formation, la qualités des énarques, leur compétence, leur sens de l’intérêt général, etc. Cette réforme en cours repose essentiellement sur l’accès à la formation et les programmes pédagogiques, plus que jamais orientés vers les priorités nationales en lien avec la vision de développement du pays.

 

Porter haut les idéaux de la République

Longtemps suspectée de corporatisme voire de népotisme, l’Ecole nationale d’administration (ENA) apparait désormais comme une institution crédible où seul le mérite côtoie la rigueur et l’excellence de l’administration publique. Son admission ouvert aux fonctionnaires et aux non-fonctionnaires répond à l’impératif de démocratisation de son accès, fixé par les autorités administratives qui assurent la formation initiale et le perfectionnement des cadres de la Fonction publique et ceux des secteurs parapublic et privé. Le concours d’accès y exerce une sélection rigoureuse requérant l’anonymat pour renforcer les garanties d’impartialité et d’indépendance dans le recrutement. N’en déplaisent à certaines vieilles habitudes qui ont encore la peau dure ; la feuille de route est claire et l’établissement public de formation à caractère administratif se donne les moyens non seulement de transmettre et de faire appliquer la vision politique imprimée au sommet de l’Etat mais aussi de veiller à leur cohérence avec les besoins réels du terrain.

Dans cette perspective, l’ENA entend porter haut les idéaux de la République en formant des serviteurs de l’Etat intègres et compétents, mus uniquement par l’intérêt général et le souci d’éclairer la décision politique. Ainsi, la formation des cadres moyens et supérieurs de l’administration, de l’économie et des finances, de la diplomatie et des établissements parapublics et privés repose sur des programmes pédagogiques dont le côté pratique est censé apporter aux hauts fonctionnaires, les outils indispensables à une gestion plus saine et efficace des affaires de l’Etat. En témoignent les épreuves de l’examen du premier cycle année 2022-2023, un véritable cas pratique.

Un cas pratique

Parler de cas pratique lorsqu’on évoque l’épreuve de Principes constitutionnels de l’administration publique comptant pour l’examen du 1er semestre est presque un pléonasme tant la formation des hauts fonctionnaires togolais se veut plus concrète et adaptée au contexte de restructuration de l’ENA en lien avec les réalités du terrain. En effet, de la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas ; celui d’un cas pratique qui tranche avec les contenus abstraits et hors-sol, les automatismes de parcours et les idées d’un prêt-à-penser obéissant aux réalités venus d’ailleurs et procédant par conformisme. De plus en plus, l’évaluation se conçoit comme un remède aux mauvaises pratiques, implicitement désignés comme constituant la réalité actuelle de l’administration publique. Il était question pour les futurs hauts fonctionnaires de mobiliser leurs connaissances sur les principes constitutionnels de l’administration publique pour esquisser des approches de solutions, eu égard au phénomène du terrorisme et de l’extrémisme violent qui secouent la sous-région. Ainsi, pour faire sens et coller le plus efficacement possible à la réalité, quoi de plus normal que de les soumettre à deux interventions du chef de l’Etat togolais qui désormais font date. La première, celle du 24 janvier 2023 à Kara lors de sa tournée républicaine de sensibilisation des agents de l’Etat dans les régions, au nord du pays où le Président de la République a laissé entendre : « … Une chose est irremplaçable : c’est la présence de l’Etat, l’action de l’Etat sur tout le territoire national. Le contrôle de l’Etat de ses territoires, de ses localités, c’est votre mission. Que vous soyez dans l’agriculture, dans l’action sociale, l’éducation, la santé, c’est à travers ces services sociaux de base que nos populations ressentent l’action de l’Etat. Ce n’est pas parce que le Chef de l’Etat est venu et a agité les mains ; non, ce n’est pas cela l’action de l’Etat. L’action de l’Etat, c’est notre capacité à répondre aux besoins les plus élémentaires. Donc, encore une fois, à travers vous, il faut qu’on vive l’Etat… ». Puis, celle adressée aux populations dans la région centrale, le 25 février 2023, à l’occasion du Forum des Producteurs Agricoles du Togo : « …Dans un futur proche, quand on dit que je vis au Togo, que ce soit à Sokodé, à Blitta, à Aného, à Kara, à Dapaong, ça voudra dire que j’ai l’eau, je me soigne, je vais à l’école, j’ai l’électricité… ».  Ces deux citations qui ont pour objet d’aiguiser le sens pratique des apprenants sur ce travail au plus près du terrain résument parfaitement la pensée et la vision du chef de l’Etat, mais aussi le sacerdoce auquel sont appelés ces futurs serviteurs de l’Etat.

Sans nul doute, l’idée que la démarche de l’évaluation puisse créer un temps pour parler de ses pratiques et en tirer des enseignements à même de favoriser la formation de hauts fonctionnaires plus compétents et de qualité est une entreprise salvatrice pour l’administration publique, un grand pas vers un véritable pôle d’excellence.

DSK

 

 

 

 

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